Yellowstone à la mi-saison

Yellowstone à la mi-saison

1 octobre 2026

Après des années à repousser pour des raisons pas toujours très claires, nous partons enfin à la découverte du mythique parc national de Yellowstone. Ce voyage est également l’occasion de découvrir le parc national de Grand Teton ainsi que la région de Salt Lake City, lieu qui nous fascine depuis que nous sommes fans de la comédie musicale The Book of Mormon.

Pas facile de visiter la région en évitant le tourisme de masse. Nous avons fait le choix de venir tout début avril pour à la fois éviter la foule de la belle saison et les températures glaciales de l’hiver. Si nous avons bien evité la foule, nous avons du faire une concession de taille : certaines zones très enneigées l’hiver sont toujours fermées à ce moment de l’année.


Grand Teton

Bien moins célèbre que son grand voisin, ce parc national est un bijou absolu.

Prenons une minute pour planter le décor. Pour commencer, on prend une plaine tout droit sortie des films de Western. On y colle à coté une chaine de montagne grandiose (le fameux Teton Range). On rajoute une forêt de conifères, quelques lacs, une rivière et on obtient un condensé de l’Ouest américain tel qu’on l’a toujours imaginé.

Pour ne rien gâcher, il y a toujours de la neige sur les sommets et les lacs encore partiellement gelés à ce moment de l’année.

Même si on est encore en conditions “hivernales”, la majorité du parc est accessible. Seule une petite partie est fermée aux véhicules (elle est praticable à pied, en vélo ou à ski en fonction de l’enneigement). Quelques randonnées sont disponibles dans différents secteurs. Alors, équipés de notre bear spray, on en prend plein les yeux en forêt. Et si les paysages du parc sont grandioses, l’observation de la faune sauvage est elle assez exceptionnelle. Une quantité démente de wapitis (en particulier dans le National Elk Refuge), des poignées d’orignaux (parfois à peine visibles calés dans un fossé !) et même des mouflons (pas vraiment farouches) nous ont régalés pendant notre séjour !

Les mouflons, impossibles à confondre
Sturnelle de l'Ouest
Les wapitis, reconnaissables grace à leur popotin blanc
Un élan, sans ses magnifiques bois à cette saison
La discrète gélinotte huppée

Le camp de base pour visiter Grand Teton, c’est la ville de Jackson. Ici, on est dans le Wyoming, état le moins peuplé des États-Unis, avec son drapeau représentant un bison. Si on en doutait encore, c’est bel et bien l’état des cow-boys.

Avec trottoirs en bois et saloon, on est en plein dedans ! Et c’est même pas ringard ! Ce centre-ville est à la fois charmant et très agréable à parcourir à pied. Seule l’offre commerciale est un peu décevante : les galeries d’art et bijouteries hors de prix côtoient les boutiques de T-shirts et de chinoiseries. Entre tourisme de luxe et tourisme de masse, on ne trouve pas vraiment notre bonheur.

Pour se remettre un peu de baume au cœur, on va se prendre un petit goûter en terasse (et en compagnie de rigolos étourneaux) chez Persephone Bakery. On recommande l’adresse sans hésiter !

Un musée assez unique est situé à la sortie de Jackson : le National Museum of Wildlife Art. Dans ce musée, tout ce qui est présenté (tableaux, sculptures, objets) est en lien avec les animaux sauvages. La visite nous a permis de découvrir des artistes qu’on a beaucoup aimé, en particulier Robert F. Kuhn et Carl Rungius.

Grand Teton et Yellowstone sont très proches. Une route quitte le Nord de Grand Teton et rejoint en quelques miles l’entrée sud de Yellowstone. Mais pas de bol pour nous : à cette période de l’année, l’entrée sud de Yellowstone est fermée.


Yellowstone

Alors on fait le grand tour : on contourne Grand Teton et Yellowstone par l’Idaho, à l’Ouest. L’Idaho, c’est l’état de la pomme de terre, et ils en sont très fiers ! Un tiers des pommes de terre américaines sont produites ici. Ça fait pas m al, parce qu’on consomme beaucoup de pommes de terre aux États-Unis (particulièrement sous forme de frites ;). Dans le Montana, on passe par les villes de Big Sky (station de ski plutôt jolie situé au milieu d’une nature incroyable - on a découvert plus tard que c’est un super spot pour faire du Gravel !) et de Bozeman (ville de taille moyenne qui nous a mis des étoiles dans les yeux).

A ce moment de l’année, à Yellowstone, seule la route rejoignant les entrées Nord et Nord-Est du parc est ouverte. Nous n’avons donc découvert qu’une petite portion de ce parc national immense… Mais quelle découverte !

L'antilope d'Amérique, aussi appelée Pronghorn

On entre dans le parc par son entrée historique, à Gardiner dans le Montana. Et à peine passé le panneau, il y a déjà des hordes de wapitis et quelques antilopes d’Amérique.

Quelques lacets bien sentis nous amènent jusqu’à Mammoth Hot Springs. C’est comme une petite ville à l’intérieur du parc. Nous y découvrons le seul phénomène géologique accessible à cette saison. C’est à la fois très beau et complètement improbable.

De retour à la voiture, on tombe nez-à-nez avec des bisons en train de traverser le parking ! On trouve ça complètement fou et on est super excités. Mais ce n’est en réalité que le tout début d’un très grande quantité d’observations de ces grosses vaches bien fluffy. En deux jours et demi, on va voir des dizaines et des dizaines de bisons, de près comme de loin. On va même se retrouver coincés au beau milieu d’un troupeau qui a décidé de rester sur la route pour se déplacer, avec des bisons devant, derrière et sur les deux côtés de la voiture !

Le deuxième jour, quand on se lève et qu’il neige, on se dit qu’on va passer une chouette journée. Le parc est tout blanc et les bisons couverts de flocons. Et puis, au détour d’un arrêt, on discute avec un local qui nous dit, qu’un peu plus loin, il est possible d’observer les loups ! Ni une, ni deux, on fonce. Arrivés au fameux spot, il faut marcher environ 500m pour tomber sur un groupe de personnes installées avec des lunettes. Après quelques explications, on repère enfin les loups. Ils sont loin, très loin même. Mais ils sont là et ça fait quand même quelque chose de pouvoir observer ces si célèbres loups de Yellowstone. On ne reste pas bien longtemps, parce qu’il fait -4° et que le vent souffle fort. On n’est clairement pas assez couverts pour supporter ces conditions.

Ils étaient loin, mais ils étaient bien là : les loups noirs de Yellowstone !

Le soleil finit par se montrer en début d’après-midi et comme le sol est déjà chaud après un hiver plutôt doux, la neige ne tient pas.

Il n’empêche que Yellowstone est un petit paradis de vie sauvage. Nous observons une grande quantité d’espèces différentes : ours brun, coyotes, mouflons et même chèvres des montagnes Rocheuses, quasiment invisibles perchées sur leur falaise !

On pourrait croire à un rocher de loin, mais c'est bien un ours brun !
Des chèvres des montagnes sont présentes sur cette image...
La même, en plus zoomée !
Le plus beau coyote de toute notre vie <3


Salt Lake City

Le retour à Salt Lake City est long. On retraverse un bout de Montana et l’Idaho en entier pour enfin revenir en Utah. Heureusement, nous avons trouvé de quoi raccourcir un peu le temps de route en faisant étape à Brigham City (1 heure au Nord de Salt Lake City). Pourquoi s’arrêter ici ? Pour le Bear River migratory bird refuge bien entendu ! Cet endroit est l’un des meilleurs spots pour observer les oiseaux en Amérique du Nord.

Le refuge est super grand et contrairement aux parcs ornithologiques de chez nous qu’on parcourt à pied, c’est en voiture qu’on profite de la la boucle de 12 miles (19km) qui fait le tour de l’endroit. Un vrai petit safari !

En fin d’après-midi, l’atmosphère est féérique. Le soleil couchant éclaire d’une lumière incroyable les Wellsville mountains. Et pour l’observation des oiseaux… On n’est pas loin du paradis ! La quantité d’oiseaux présents est énorme et la variété est au rendez-vous. Alexandra a quand même réussi à recenser 40 espèces différentes en 3 heures !

Gravelot kildir
Carouge à épaulettes
Avocette d'Amérique
Troglodyte des marais
Bruant chanteur

La suite des aventures dans la région se déroule sur Antelope Island, la plus grande île du Great Salt Lake. On y accède par une causeway (route construite à la fois sur des terre-pleins et des ponts). Malheureusement, les balades sont vite écourtées à cause de la présence d’une quantité affolante de petits insectes. Pour la petite histoire, Alexandra était au courant donc on avait porté nos filets à mouche qui dataient du voyage dans l’Ouest australien. Mais comme on est de gros malins, les filets sont restés dans la valise à l’airbnb… C’est donc sans quitter la voiture que nous poursuivons la découverte de l’île.

Moqueur polyglotte
Pie grièche migratrice
Des bisons sur la plage. Normal.

Pour terminer ce merveilleux séjour, un grand classique de nos voyages aux États-Unis : le match de NHL. Le Mammoth de l’Utah reçoit les Oilers d’Edmonton. Comme à chaque fois, on en a largement pour notre argent. Et nous avons la chance de voir en exclusivité mondiale la présentation du Zammoth, mélange de Zamboni et de mammouth !

Il est déjà temps de rentrer. Un dernier Shake Shack dans le terminal avant d’embarquer et il faut se résoudre à laisser derrière nous cette région qui nous a complètement conquis. Rarement un voyage aura autant été un régal absolu jour après jour. C’est bien simple : chaque journée a été absolument géniale, même quand le gros du programme était un long transfert en voiture !